[LECTURE] Zéro Déchet de Béa Johnson

Béa Johnson

Il y a deux ou trois ans, j’avais vu un reportage sur Béa Johnson, cette française exilée aux Etats-Unis qui a entrepris de modifier ses habitudes afin de ne produire aucun déchet ou très peu (un bocal d’un litre par an). A l’époque, je m’étais dit que c’était un exemple clairement impossible à suivre, même si l’idée était bonne, et ma réflexion sur le sujet s’était arrêtée là.

Entre temps, j’ai modifié mes habitudes de consommation, privilégié le recyclage, le don, l’achat de seconde main et naturellement, j’ai produit un tout petit peu moins de déchets. Je suis loin d’être irréprochable (pourquoi ai-je « besoin » de 36 palettes et 50 paires de chaussures ?), car je n’en suis qu’au début.

J’ai donc emprunté ce livre à la médiathèque (je n’achète plus de livres que je ne vais lire qu’une fois car c’est du gaspillage d’arbre !) et je l’ai dévoré.

Zéro Déchet

Le livre

L’auteure part d’un constat simple : c’est bien de recycler les déchets, mais ça serait encore mieux de ne pas les produire. Car on utilise beaucoup de ressources pour produire des emballages, ils ne servent que très brièvement, puis il faut utiliser des ressources pour les recycler (et ce sont tous les citoyens qui le paient, il ne faut pas l’oublier).

Après les cinq piliers de l’Islam, il y a à présent les cinq piliers de l’écologie : Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler, Composter.

Zéro déchet

Le premier chapitre expose donc pourquoi et comment Béa Jonhson,  qui vivait très très confortablement avec sa famille et possédait tout ce qu’il était possible d’avoir, a décidé de changer complètement son style de vie. Faire du tri par le vide, ne garder vraiment que l’essentiel dans chaque domaine, déménager dans une maison plus petite et vivre plus sainement.

Dans chaque pièce, elle a trié à l’extrême, et donné le superflu. Selon moi, c’est idiot de se débarrasser d’autant de choses. Puisque ces objets sont déjà produits et achetés, pourquoi ne pas les utiliser jusqu’à complète usure, et en profiter pour ne pas les remplacer ? Tout comme pour le coaching rangement de Marie Kondo, je trouve les conseils trop extrêmes. On peut désencombrer, trier, ranger, de façon moins radicale.

Ne garder qu’un jean ou qu’un soutien-gorge…. bon ben je veux bien mais le temps qu’il sèche, on fait comment ?! Moi je lave le linge la nuit (en heures creuses) donc j’étends le matin….

Les chapitres suivants sont découpés pièce par pièce (de la maison). Pour chaque pièce, l’auteure explique dans le détail ce dont elle s’est débarrassée en précisant pourquoi, ce qu’elle possède à présent et donne des astuces alternatives. Par exemple, dans le bureau, plus d’agrafe ni de colle. Elle fabrique de la colle naturelle et utilise une astuce de pliage pour remplacer l’usage d’une agrafe.

Je ne vous donne pas trop détails volontairement (que ce soit sur le livre ou sur mon avis) afin que vous découvriez par vous-même. La meilleure façon de vous faire une idée de tout ça est de lire ce livre ou le blog de la dame.

Certains conseils ne sont pas applicables en France (par exemple, elle suggère de fermer les colis par de la ficelle naturelle au lieu de gros scotch. C’est bien joli, mais au guichet ça serait refusé ! Car la ficelle risque d’être accrochée par les mécanismes des machines de tri).

Elle propose de n’avoir qu’un panier à linge. Elle garde uniquement un panier à linge sale, et nous indique que si on a besoin d’une panière pour transporter le linge propre, on n’a qu’a utiliser celui du linge sale ! Ben voyons ! Moi j’ai pas envie de mettre mon linge propre qui sent bon dans mon panier en toile dans lequel ont macéré quelque jours les sous-vêtements et tout le reste crado ! Il est vrai que je suis zirouze (mot charentais qui veut dire « personne qui se dégoûte facilement »), mais quand même !

Ce livre va vraiment loin dans les détails, mais certains paragraphes sont redondants. A plusieurs reprises, je me suis dit « oui, ben ça va, on commence à le savoir » ! Et je ne sais pas si c’est une erreur de traduction, mais lorsque l’auteure raconte son histoire, elle utilise le passé simple. Dans un livre de conseils, je trouve que ça apporte une certaine lourdeur.

J’aurais aimé qu’elle développe davantage sur les arguments économiques (si on ne consomme plus, comment faire de la croissance ? Créer des emplois ? etc…).

Après lecture, j’ai toujours des doutes sur le soi-disant bocal d’un litre de déchets produit par an. Avec tous les détails donnés sur le mode de vie de cette famille, ça me semble impossible. Certes, il est évident qu’ils produisent très très peu de déchets. Mais si peu, j’ai des doutes ! Quoiqu’il en soit, ça n’empêche pas de faire des efforts et de suivre les bons conseils de la madame !

Concernant les économies réalisées, je n’ai aucun doute. Si la consommation de produits bios et naturels a un coût, l’économie se fait sur le long terme (notamment grâce à une meilleure santé, et sur le fait de ne plus surconsommer).

Mes premières actions

Dès le début de ma lecture, j’ai pris conscience d’un certains nombres de points auxquels je ne prêtais pas trop attention, par habitude.

Pour la phase de tri, il faut commencer par se poser les bonnes questions : ai-je vraiment besoin de cet objet ? Mérite-t-il que je passe du temps à l’entretenir, à le nettoyer, à utiliser de l’espace pour le stocker ?

J’ai donc commencé à faire du tri sérieusement. Alors que je ne suis pas quelqu’un qui accumule pendant des années, j’avais pas mal de chose inutiles gardées parce que « on ne sait jamais, ça peut servir » !

Ma première vraie action en faveur du « zéro déchet » a été de mettre un Stop Pub sur ma boite aux lettres. Je me suis rendu compte que chaque semaine je recevais plus de 1 kg de prospectus. En général, je n’en regarde qu’un ou deux (Casa, Foirfouille, Casto). Mais aller les chercher à la boite aux lettres, les trier, regarder ceux qui m’intéressent et créent des besoins que je n’avais pas (sans parler de la frustration lorsque je me rends au magasin et qu’il n’y a plus l’objet convoité !) et envoyer directement à la poubelle jaune ce gros paquet de papier, ça prend du temps inutilement dépensé. Sans parler du gaspillage de papier.

Dorénavant, je regarde les catalogues sur internet et uniquement lorsque j’ai besoin de quelque chose ou que je prévois une de mes rares séances de shopping (et plus l’inverse).

La première semaine, j’avoue que les prospectus m’ont manqué (bon sang, qu’on a des mauvaises habitudes, même les plus inutiles !). Mais maintenant, je n’imagine même plus recevoir quoi que ce soit ! Je craignais le contraire, mais dès que j’ai apposé le sticker « stop pub », il a été respecté par les distributeurs. Vous pourrez en trouver facilement sur google puis les imprimer et les fixer avec du scotch ou les faire imprimer dans des boutiques.

C’est très minime par rapport à tout ce qu’il faudrait faire, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières, hein !

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C’est un peu compliqué…

Entre vérifier la provenance des produits, le bio, l’équitable, le labellisé, le « sans emballage », le « sans conservateurs », l’éthique, le « pas trop transformé », le « made in France », l’empreinte carbone, respecter son budget etc, ça devient très compliqué de consommer vraiment « propre ». Ce sont des habitudes à prendre petit à petit, mais ça me semble impossible de tout bouleverser d’un coup. A moins de n’avoir vraiment que ça à faire et de pouvoir passer 2 heures chaque semaine à faire les courses !

…mais indispensable.

Mais il est évident qu’il faut dès à présent que chacun modifie ses habitudes, à la hauteur de ses possibilités (et pourquoi pas un peu plus !). Chaque goutte (non polluée !) dans l’océan compte !

Le livre de Béa Johnson permet une réelle prise de conscience et donne de très bons conseils. Tous ne sont pas faciles à mettre en application, certains sont limites farfelus, mais un bon nombre est à la portée de tous. Et il faut bien commencer par quelque chose. L’avenir des ressources et de la planète est entre nos mains !

Je vous recommande donc la lecture de ce livre et d’autres article sur Béa Johnson afin d’y piocher les astuces qui vous correspondent.

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous déjà lu ce livre ? Etes-vous sensibles à l’écologie ?

 

Zéro déchet – Béa Johnson – Edition Les Arènes – 17 euros

http://www.zerowastehome.com/

http://www.consoglobe.com/bea-johnson-dame-au-zero-dechet-lexemple-suivre-cg

http://www.m6.fr/emission-66_minutes/videos/11341440-bea_zero_dechet.html

Une autre française s’est convertie : http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/15623/pauline-imbault-vie-sans-produire-de-dechets-vie-heureuse-simple-ecologique

 

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29 réflexions sur “[LECTURE] Zéro Déchet de Béa Johnson

  1. J’avais aussi été interpellée par un reportage qui parlait d’elle et ça correspond un peu à la réflexion que j’ai depuis pas mal de temps maintenant. Même si j’ai encore quelques craquages (quand on fait du DIY on a toujours « besoin » de nouvelles choses pour créer…) mais niveau beauté et mode je suis vraiment étonnée: maintenant je n’achète que ce dont j’ai besoin, ça ne me manque même plus les razzias que je faisais chez Sephora & co. Et en même temps je fais des économies 😉

    • Moi aussi je réfléchis à deux fois avant d’acheter un vêtement ou un nouveau sac. J’attends que l’un soit vraiment usé pour le remplacer par un autre.

  2. Hyper intéressant même si je ne veux pas spécialement aller aussi loin qu’elle ça peut me donner de bonnes idées pour me poser des limites simples

    • Moi non plus je ne peux (ou veux !) pas aller aussi loin. C’est le début, mais un jour j’arrêterai d’accumuler les chaussures et le maquillage ! Non mais après c’est sûr qu’il faut aller toujours vers un « mieux » et faire des efforts, aussi minimes soient ils

    • Tout à fait ! Même si on ne fait pas tout parfaitement (comme moi !) c’est bien d’y piocher des astuces et d’améliorer petit à petit sa façon de faire.

  3. Super intéressant, je ne connaissais pas ce bouquin mais ça me donne la curiosité de le lire … Je fais déjà certaines choses. Et vers chez moi s’est ouvert un magasin ou tout est gratuit : on a plein de trucs inutiles, moi j’ai décidé dorénavant de les donner, dégoûtée par les sites comme priceminister ou le bon coin ou trop de personnes cherchent à refourguer des vieilleries a des prix exorbitants, surfant notamment sur la mode vintage. D’accord avec toi, il faut changer ses habitudes petit à petit….par contre un litre de déchets pour un an je n’y crois pas : elle va plus aux toilettes 😜😜😜 ? Eh oui, tout compte dans cette histoire….

    • Mais elle fabrique son PQ ! Non en fait, me souviens plus pour quoi elle a opté pour ça !
      Les magasins gratuits, ou bien les boites à livres, c’est très bien, mais je crains que des personnes malintentionnées n’aillent s’y servir plus que de raison…. Je donne l’électro ménager qui ne fonctionne plus (il y a beaucoup de preneurs), les magazines (beaucoup s’en servent pour de l’art plastique) que je vais d’ailleurs arrêter d’acheter. Je fais moins rentrer d’objets inutiles à la maison également ! Je réfléchis à deux fois avant d’acheter. Bon sauf pour les chaussures et les cosmétiques ! C’est mon peché mignon, faut que je travaille là dessus !

  4. C’est en commençant de petits gestes au quotidien que l’on finit par se prendre au jeu ! J’essaye quant à moi de recycler au maximum et prendre le moins d’emballage possible, en pensant toujours à prendre un sac de course en toile pliable sur moi…ça ne prend que très peu de place et ce sera toujours un sac plastique en moins pour les courses !

    • Absolument ! Chaque geste compte, et les petits ruisseaux font les grandes rivières. C’est facile d’avoir un petit sac en toile dans le sac à main, ou un plus grand sac dans la voiture.

  5. Je suis sensible à l’écologie et je recycle un maximum de choses. Idem, j’essaie de limiter les emballages, mais ce n’est pas tjs évident.
    Des bisous

    • Nous sommes nombreux à recycler (mais beaucoup ne le font pas du tout aussi !). La prochaine étape sera donc de réduire les emballages ! Bisous

  6. J’ai justement un magasin d’alimentation sans emballage qui s’est ouvert non loin de chez moi, j’ai l’intention d’y aller faire un tour avec mes bocaux mais je n’ai pas l’intention d’y perdre un rein non plus. je vais donc comparer. Bisous !

    • Effectivement ! Disons que le bio se paie forcément plus cher, mais la qualité est là pour la plupart des produits. Après, quand on a une famille à nourrir, on ne peut pas tout se permettre non plus.

  7. Jamais lu par contre, j’ai l’autocollant Stop pub depuis un moment déjà car pareil, je jetais toujours les prospectus sans les lire. Par contre, en effet, c’est bien de réduire mais de là à n’avoir les choses qu’en un exemplaire c’est un peu trop extrême pour moi^^

  8. Bonjour je lis ce livre actuellement je l’ai commencé cet été et toujours pas fini , j’ai aussi eu le réflexe directement de faire du tri de donner j’avais par exemple un mini appareil à raclette qu’on m’avais offert pour 1/2 personnes je n’en avais pas l’utilité ayant un grand je l’ai donné au gardien de mon travail qui vit dans une chambre d’hotel et donc il a étais super heureux en plus peu encombrant pour lui.
    J’ai fais un gros tri dans mes cosmétiques et maquillage et mis en vente mes palettes d’urban decay j’y songeais mais sa a étais le déclic je ne les utilise plus elle prenne la poussière.
    Après il y a des choses quand même extrême je trouve d’ailleurs sa maison on a la sensation d’être dans une maison sans vie même ses enfants n’ont pas de jouet !
    C’est vide j’avais vu le reportage.
    Et puis bon si elle était si écolo elle pourrait aussi se passer de sa voiture je trouve ! Et puis ces recettes de maquillage me laisse perplexe comme utiliser du cacao en guise de fard à paupière.
    Elle se maquille peu sa se voit .

    • Oui, on dirait une « maison témoin » ! Effectivement, elle pourrait se passer de sa voiture. Mais bon, de la même façon que moi, je pourrais passer de toutes mes chaussures et avoir moins de maquillage ! L’essentiel, c’est de faire des choses, même si ce n’est pas parfait !
      Ce livre est intéressant pour prendre conscience de certaines choses, pour avoir des astuces (c’est vrai qu’on peut remplacer le jetable par du durable. ça c’est facile !). , mais sans aller dans l’extrême comme elle. C’est une bonne base, disons !

  9. je connais bien le principe zéro déchets, et j’essaie le plus possible depuis 2/3 ans, j’achète mes légumes de saison au marché donc pas d’emballage tout dans le panier j’adore ! la viande chez le boucher moins d’emballage plastique. beaucoup de fruits et de desserts fait main. je n’achète pratiquement plus aucun produit préparé. J’essaie d’être une locavore, c’est plus difficile.

    • J’achète toujours de l’alimentation française et si possible locale. Plus aucun produit industriel, à l’exception de biscuits bio 2 ou 3 fois dans l’année. sinon, je fais beaucoup de choses moi même. Il faut penser à tout !

    • J’achète toujours de l’alimentation française et si possible locale. Plus aucun produit industriel, à l’exception de biscuits bio 2 ou 3 fois dans l’année. sinon, je fais beaucoup de choses moi même. Il faut penser à tout !

  10. Je n’ai toujours pas lu ce livre, je n’avais même pas pensé à aller voir à la bibliothèque alors que j’y vais plusieurs fois pas mois! Merci pour l’idée.
    Il y a une autre personne qui m’inspire à être zéro déchet: Lauren de http://www.trashisfortossers.com/ Je conseille vraiment de regarder la conférence qu’elle a fait pour TED (en anglais). Ça dure seulement quelques minutes et ça a totalement modifié ma vision des choses. Maintenant, je suis obsédée par le plastique et les déchets qui nous entourent. Je pense que ça m’a changé en bien ET ça a changé mon portefeuille aussi car je ne fait plus de dépenses futiles (sauf quelques exceptions pcq parfois, c’est quand même chouette d’acheter 🙂 )
    En bref, je conseille vraiment cette vidéo à toutes les personnes qui liront cet article!! « Why I live a zero waste life » https://www.youtube.com/watch?v=pF72px2R3Hg

    • Merci pour le conseil. Même si on ne fait pas les choses de façon parfaite, chaque geste qui est fait est toujours bon à prendre. J’ai trop de chaussures, mais je fais ma lessive ! C’est paradoxal, mais je ne suis pas encore prête à tout changer. Donc une chose à après l’autre. En deux ou trois ans, j’ai déjà modifié énormément de choses.

  11. même si je n’ai pas l’intention de ne quasiment plus consommer comme Béa, je pense que ce livre comme celui de Marie pourrait m’intéresser pour au moins m’améliorer dans le sens écologique du terme! Et puis, consommer moins de toute façon…..Mais comme toi, c’est surtout dans certains domaines que je consomme comme dans la Mode….par exemple!

    • Rien ne nous empêche de consommer ! Moins et mieux serait l’idéal ! Béa Johnson consomme un peu (et elle voyage, surtout) quand même, mais c’est raisonné et sans emballage

    • Oui ça doit être intéressant de l’entendre en conférence. La lecture du livre peut déjà être intéressante si tu n’as pas la possibilité d’y aller.

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